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Une mobilité plus durable et créatrice d’emploi sur différents territoires est possible !

Gaël Lavaud, avec un prototype de La Gazelle conçu dans son “micro-usine” au technopole de Blanquefort à Bordeaux

Gazelle Tech, une start-up bordelaise, lance la Gazelle, une voiture électrique ultra légère pouvant parcourir 180 kilomètres sur une charge. La voiture est produite dans ce que l’entreprise appelle des « micro-usines », selon un concept de « low tech » que Gaël Lavaud, le PDG de l’entreprise met en avant. L’initiative ne s’arrête pas à ce véhicule aux antipodes de la course à la technologie et à l’armement de l’industrie auto ; plutôt que de seulement vendre ses voitures, Gazelle Tech envisage de vendre ses micro-usines.

Gaël Lavaud, un ancien du développement chez Renault qui a décidé de lancer sa propre affaire en 2014, aura mis huit ans pour faire aboutir son initiative. La voiture qu’il a conçue pèse environ 900 kg, batteries comprises. Si l’on considère qu’une citadine classique pèse au minimum 1,2 tonnes, on peut comprendre que c’est justement ce poids qui donne à la Gazelle cet avantage en matière d’économie d’énergie et d’impact carbone extrêmement minimisé.

Gazelle Tech prévoit d’homologuer définitivement sa voiture à l’automne 2022 pour la commercialiser. L’entreprise vise un tarif de 20 000 € (hors bonus écologique). Mais, la voiture pourrait coûter moins cher si l’on tient compte du coût de l’assemblage sur d’autres territoires, notamment dans les pays émergents.

Ultra légère, hyper économique

C’est une petite révolution dans le secteur automobile, tant par le produit, son mode d’assemblage et le concept de sa commercialisation. Automobile Magazine, par exemple, pose bien l’intérêt de la démarche de Gazelle Tech en osant une comparaison avec les voitures produites par les grands fabricants : « Peut-on vraiment associer la voiture électrique à l’écologie si elle pèse plus de deux tonnes, monopolise des quantités importantes de ressources pour les batteries, et réunit des milliers de semi-conducteurs, dont la production est extrêmement gourmande en eau ? Probablement pas. C’est en tout cas le constat qu’a certainement dû faire Gaël Lavaud, le fondateur de Gazelle Tech ».

Pas d’acier, et pourtant la Gazelle a obtenu la note maximum au crash test. Gaël Lavaud a eu recours à un matériau composite qui permet d’alléger considérablement la voiture. « C’est une technologie de châssis entièrement en matériau composite. Avec une fibre de verre associée à d’autres matériaux peu chers qui permettent un comportement mécanique extraordinaire en termes d’absorption d’énergie et de rigidité », explique le fondateur de Gazelle Tech. La technologie de ce matériau est brevetée et jalousement gardée secrète.

« La légèreté, c’est de la consommation en moins puisque les trois-quarts de la consommation d’un véhicule, c’est son poids. En allégeant comme on l’a fait, on réduit à peu près de 40% la consommation », explique le concepteur girondin.

Le concept : Exporter les usines, plutôt que les voitures

L’autre atout de la Gazelle, c’est son assemblage facile. La première « usine » de Gazette Tech est installée dans les locaux de l’incubateur de startups Bordeaux Technowest à Blanquefort, dans la métropole bordelaise. Aucune grosse machine, pas de robot d’assemblage à l’intérieur… Quatre containers accolés, quelques caisses à outils et un peu d’air comprimé, c’est tout ce qu’il faut pour monter des voitures !

« C’est vraiment ultra-basique avec trois containers dédiés à l’assemblage et un au fond pour le stockage des pièces détachées. Vous avez un concept dans la logique du low tech où on va rendre l’assemblage et la maintenance des véhicules le plus simple possible », déclare Gaël Lavaud dans une interview à nos confrères de France 3 Régions. En effet, il n’y a que 10 éléments à assembler contre environ 300 pour une voiture classique. Le châssis de la Gazelle est ainsi monté en une heure.

Cette démarche de Gazelle Tech permet de fabriquer des voitures électriques légères et abordables, dans des « micros usines ». A l’inverse des giga-usines qui concentrent la production à un endroit puis exportent dans le monde entier, il devient possible, au contraire, de répartir des micro-ateliers d’assemblage aux quatre coins du monde et créer des emplois là où ils vont être utilisés.

Le patron de Gazelle Tech le rappelle : « L’intérêt des micro usines est qu’elles permettent de développer une activité économique avec très peu d’investissement là où il n’y a rien. Elles sont adaptées pour créer de l’emploi dans nos campagnes et dans des pays émergents qui n’ont pas de constructeurs ».

Rapidement, ce sont ces micro usines qu’il veut commercialiser. Les vendre, vendre les pièces détachées et de la formation auprès de concessionnaires ou autres. « Ils assureront l’assemblage en plus de la vente et de la maintenance. Ça leur coûtera très peu en investissement de départ. Une micro usine, c’est environ 250 000 euros », explique le fabricant girondin de la Gazelle.

Gaël Lavaud pense que c’est là le futur de l’industrie automobile, et pas l’hyper-concentration des productions. L’ex de la direction du développement du groupe Renault, ancien de la prestigieuse école Centrale de Lyon, est persuadé que l’avenir sera au “low tech” à l’exact opposé de la high-tech. Soit une technologie basée sur la simplicité, la durabilité, fabriquée localement et de façon plutôt artisanale qu’industrielle.

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