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Temps de lecture : 3 minutes
Avec un vrai jeu d’acteurs, des cadrages et des éclairages réussis, Videonautes présente un clip qui va au-delà du sketch bon-enfant pour interpeller un public averti.

Plus d’un millier de commentaires sur LinkedIn en une journée : le phénomène est vraiment inhabituel sur le réseau social qui se pose en plateforme d’échanges entre professionnels. La vidéo que propose la société Videonautes traite du sujet sensible de l’embauche des personnes « de couleur » provenant « de la diversité », ceux pour lesquels on élabore des quotas…

L’objectif de cette vidéo est double: (1) traiter d’un sujet sensible : le racisme ordinaire, (2) utiliser l’humour pour faire passer un message sérieux.

« Souvent insignifiant pour celui qui en est l’auteur, toujours blessant pour celui qui le reçoit », commente Valentin Bourdeau, le co-fondateur de Videonautes. « Pour souligner l’absurdité de la situation, on a décidé d’inverser les rôles et de mettre le personnage de Julien Lefrançois dans la position de la minorité ».

Faire des vidéos décalées, ce n’est pas juste faire de l’humour potache. C’est aussi traiter certains sujets d’une façon différente pour faire passer un message, explique Valentin Bourdeau. « Et c’est ce qui fait notre force chez Videonautes ! », lance-t-il fièrement.

Valentin Bourdeau et Jérôme Montignies, les co-fondateurs de Videonautes

Ils ont effectivement frappé fort. Ainsi, sur YouTube où ils comptent plus de 6 000 abonnés, la vidéo qui comptabilise près de 3 000 vues en un jour a suscité environ 150 commentaires. Ce qui correspond à un niveau normal de réactivité de la part d’un public habitué au choc des images. Sur le réseau professionnel par contre, la réactivité est plutôt inattendue. Sur cette plateforme où les entreprises revendiquent tous le statut d’employeur offrant l’égalité des chances, (de la même manière que les professionnels se vantent de qualités réelles ou supposées!), les formules-bateau annoncent immanquablement le tarissement des sources d’inspiration. Alors que les réactions ne manquent pas cette fois.

Quatre minutes pour cons vaincre!

Les commentaires révèlent en premier lieu l’appréciation pour le traitement humoristique. Ainsi, celui de Bruno Hussenet, entrepreneur : « Bravo d’avoir traité le sujet avec humour !! c’est vrai que de voir le scénario avec ce prisme là j’ai mieux compris ce que peuvent ressentir les candidats ….. dificile de donner le meilleur de soi-même dans cette situation !!! »

Les professionnels opérant dans la gestion des ressources humaines et de la formation professionnelle sont plus sensibles au caractère pédagogique de la vidéo. Par exemple, Rachel Bruere, formatrice professionnelle d’adultes indique : « Je me suis permise de partager cette vidéo sur mon Facebook en mettant la source bien évidemment car en matière de discrimination, il y a fort à faire. Bravo, elle est géniale cette vidéo ».

Et qu’en pensent ceux provenant justement du lot dit « de la diversité » ? Ils s’en amusent pour la plupart, qu’ils soient hommes ou femmes. Comme Claudine Ndayisenga, conseillère aux entreprises et en innovation : « Super bien fait et drôle en plus 🤣 ». De même Bruel Etoundi Ebede, R&D Electrical Engineer au MGI Digital Technology : « Franchement trop marrant 😅😅 »

Oumou Diallo, gestionnaire RH avoue pour sa part que : « Ça fait bizarre la lecture dans l’autre sens! Le pire c’est que c’est tellement ancré dans la société que ça en devient normal! Écrire en grand “nous sommes pour la diversité” dans une offre d’emploi ne choque plus, c’est même devenu un acte de militantisme ! »

La lecture dans l’autre sens ne fait pas que des heureux. A l’instar de Brieuc Pilon, ingénieur chargé d’affaires de la construction qui désapprouve fortement : « Ridicule…et évidemment toujours à sens unique! Vous devriez y ajouter des protagonistes LGBTmonQ parce là je trouve que ça manque passablement d’exotisme ». La coïncidence est cruelle en offrant un exemple de rôle inversé méconnu de son auteur. En effet, le mécontent ignore qu’à l’île Maurice, s’en prendre à la communauté LGBTQ avec le patronyme1 qui est le sien, c’est vraiment s’exposer au ridicule !

1« Pilon » à Maurice est un terme qui désigne péjorativement une personne homosexuelle.

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